Chaque préparation budgétaire ramène le même discours. La situation est grave, les comptes sont dégradés, chacun devra faire un effort. Et, derrière ces formules, revient la même inquiétude : combien va-t-on encore prendre à ceux qui travaillent, à ceux qui ont travaillé toute leur vie et aux familles qui comptent déjà chaque euro ?

La gravité de la situation est réelle. À la fin du premier trimestre 2026, la dette publique atteignait 3 536 milliards d’euros, soit 117,5 % de notre richesse nationale annuelle. Ce constat exige des réponses. Il exige aussi que ceux qui ont gouverné rendent des comptes. Source : Insee.
Pour le budget 2027, le gouvernement envisage environ 30 milliards d’euros d’économies. Parmi les pistes figurent un effort d’au moins 6 milliards sur les pensions de base et un arbitrage entre leur indexation sur les prix et l’abattement fiscal des retraités. Ces mesures ne sont pas encore adoptées. Mais la direction envisagée mérite déjà d’être contestée. Source : Challenges.
Une pension qui ne suit plus les prix, c’est du pouvoir d’achat qui disparaît. Une hausse d’impôt provoquée par la réduction d’un abattement, c’est de l’argent en moins à la fin du mois. Le vocabulaire budgétaire ne change rien à cette réalité.
Les salariés et retraités des industries électriques et gazières voient également leur tarif énergétique remis en question. Cet avantage peut être discuté, comme toute politique sociale. Mais le débat doit porter sur son coût, son financement et les engagements pris envers les personnels. Il ne doit pas devenir une nouvelle occasion d’opposer les Français entre eux. Source : La Tribune.
Pendant ce temps, Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Gabriel Attal doivent assumer leur responsabilité politique. Ils ont exercé le pouvoir au sommet de l’État. À des moments différents, avec des responsabilités différentes, ils ont porté ou défendu les orientations de cette majorité. Ils ne peuvent aujourd’hui commenter l’état du pays comme s’ils découvraient un bilan auquel ils seraient étrangers.
Les crises ont coûté cher. Personne de sérieux ne peut l’ignorer. Mais elles ne dispensent pas d’examiner les choix fiscaux, les priorités de dépenses, les prévisions budgétaires et l’efficacité des politiques conduites. On ne peut pas revendiquer les réussites et laisser aux Français la facture des échecs.
Sur les donations, le gouvernement annonce des facilités de transmission. Soyons précis : il s’agit d’allègements envisagés. Mais quelle réponse apportent-ils aux jeunes dont les parents n’ont rien à donner ? La solidarité familiale peut aider. Elle ne peut pas tenir lieu de politique du logement, de l’emploi et des salaires. Source : TF1 Info.
Je refuse que le redressement des comptes serve de justification automatique à l’affaiblissement du pouvoir d’achat et des protections sociales.
Avant de réclamer de nouveaux sacrifices, le gouvernement doit présenter une évaluation publique des aides et des niches fiscales, supprimer celles dont l’inefficacité est démontrée, renforcer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales et expliquer comment ses décisions soutiendront durablement l’activité. Ces leviers ne régleront pas tout à eux seuls. Ils doivent néanmoins être examinés avec autant de détermination que les économies sur les pensions.
Les Français peuvent entendre la vérité sur les finances publiques. Ils sont aussi en droit d’exiger une répartition juste des efforts, des résultats mesurables et des responsables qui assument leur bilan.
Messieurs Macron, Philippe et Attal, avant de demander encore aux Français d’ouvrir leur portefeuille, commencez par répondre de vos choix.